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Elue Miss Martinique en 1972, puis Miss Caraïbes la même année au Vénézuela, elle poursuit une carrière de mannequin qu’elle mène parallèlement avec une activité artistique.

Elle a été le mannequin fétiche de la célèbre marque « CATALINA » pendant quatre ans.

Polyglotte, elle s’exprime dans six langues et son métier de mannequin lui a permis de voyager dans le monde entier.

Consul de Colombie au Suriname où elle réside , elle peut enfin se consacrer entièrement à la peinture.

Son talent est remarqué et elle est invitée à participer à plusieurs expositions privées.

ROSELYNE CHARLES commence à peindre et à dessiner dès son plus jeune âge.

Ce don inné lui ouvre un univers de sensations variées, un espace inépuisable d’expériences sensuelles, mystiques, joyeuses ou angoissantes toujours renouvelées, un exutoire, un lieu d’épanchement des émotions qu’elle n’arrive à exprimer complètement que par la peinture.

Elle est fascinée par ce tête-à-tête avec la toile, qu’elle aime voir se transformer sous ses doigts par l’effet de la magie des couleurs, pour laisser jaillir comme dans un accouchement, des formes vivantes qu’elle est seule à voir bouger .

Elle prend alors progressivement conscience que le monde qui l’entoure n’est pas monolithique, mais qu’il est constitué d’une superposition d’espaces interdépendants, accessibles à l’artiste, au mystique et au physicien qui peut voyager dans l’infiniment petit.

Elle mesure le privilège de pouvoir y faire des incursions.

Lorsque nous lui demandons de parler de sa peinture ROSELYNE CHARLES qui est habituellement expansive, se tait, marque une pause et nous dit dans un semi-recueillement :

« La toile est une porte sur un autre monde.

Lorsque je commence à peindre, je suis d’abord dans un état de semi-transe, puis s’installe en moi une immense paix.

Dans cet état je sais qu’il n’y a pas d’efforts inutiles à faire mais des gestes précis qui ne sont possibles que lorsque le mental est calmé et peut alors permettre à l’expression de donner le meilleur d’elle- même.

Il faut simplement épouser la forme qui veut jaillir de la toile, l’accompagner jusqu’à son accouchement.

C’est sans doute pour cette raison que j’éprouve un attachement maternel pour mes toiles.

Je choisis intuitivement mes thèmes, et je laisse émerger de moi ce que je vais peindre.

Les couleurs jaillissent pour traduire cet état de sourire intérieur qui m’habite en cet instant et que je dois retranscrire.

Je me laisse porter par cet état en essayant de ne pas être trop dirigiste .

Chacune de mes toiles est l’aboutissement d’une méditation.

Quand à l’atmosphère qui habite mes tableaux, je dirai que l’amour est leur dénominateur commun. C’est aussi une des composantes de mon tempérament.

J’ai tendance à trouver tout le monde bon. Je ne cherche pas à voir les défauts des gens, cela ne présente pas d’intérêt pour moi, car ils ont tous en eux une parcelle de beauté.

J’ai vu de êtres durs s’attendrir et pleurer devant le sourire d’un enfant.

Je m’efforce de retranscrire une infinie douceur dans mes tableaux en privilégiant les courbes.

Les angles sont à mes yeux trop agressifs pour exprimer le sourire et l’amour. Ma peinture se nourrit des couleurs de la nature et exprime sous une forme abstraite ou symbolique l’autre côté du réel, que le peintre s’attache à restituer sous une apparence translucide et pudique.

J’ai été influencée, par le milieu où je vis où la nature est forte, riche en couleurs et en formes, les nombreux pays que j’ai connus ou simplement traversés, où un regard m’a suffit pour saisir dans l’instant ce qui était utile à mon âme d’apprendre en cet endroit à ce moment précis, et aussi et surtout par mes racines martiniquaises que j’enfonce profondément dans la terre de mes ancêtres du côté paternel, ma mère étant suissesse, pour retrouver la sève qui me nourrit »

ROSELYNE CHARLES qui a hérité du tempérament rebelle et indépendant de son père, Francisco,artiste et compositeur très populaire à la Martinique n’accorde aucune importance à la classification que les critiques et les spécialistes font des peintres et des artistes en général pour les rattacher à telle école ou à tel style.
Elle pense que c’est l’affaire des critiques d’art et, qu’aucune limite ne peut enfermer le peintre dont le geste, comme l’œuvre qui en sortira, demeure l’expression la plus fidèle et la plus pure de la liberté qui bouillonne en lui.

Cette liberté elle l’exprime et elle la prend tout au long des toiles qu’elle nous offre, dans une explosion de couleurs alchimiques et captives, qui renvoient bien au titre de son exposition « SONRISA DE COLORES » autour d’une œuvre très variée mais, ordonnée par une impression dominante de chaleur, de joie de vivre, d’énergie et de générosité naturelle.

« Sonrisa de Colores » est aussi un clin d’œil à l’Amérique latine à laquelle elle consacre beaucoup de son temps, et à l’espagnol qui est devenue sa seconde langue, « après le créole bien sûr » tient-elle à rectifier

Un soin particulier à été apporté à la présentation de ces toiles, remarquablement encadrées dans de véritables écrins , non pour les valoriser au-delà de ce qu’elles valent en réalité, mais pour signifier tout le respect que ROSELYNE CHARLES porte à chaque œuvre, qu’elle considère comme la retranscription maladroite d’une parcelle du Divin.

« Je me contente d’admirer le beau et de le retranscrire. L’art étant la représentation du beau et le beau étant l’expression la plus achevée de Dieu dans la nature, il en découle que l’œuvre d’art participe quelque part de cette expression de Divin dans l’homme et autour de nous » conclut-elle.

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Roselyne Charles Paintings.
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